Voici la première partie d'un article capital d'Axel Arnoux, paru dans le bulletin trimestriel "liberté économique et progrès social" n° 131 d'avril 2010, publié par l'ALEPS.
Tellement capital, à nos yeux, que nous l'avons rendu doublement accessible (et dans son intégralité) sur le site de l'AECSPL :
- dans le menu "Thèmes favoris", sous-menu "Feuille de paie vérité et salaire complet" ;
- dans le menu "Vidéos, audios, articles", sous-menu "Articles de fond".
Nous remercions vivement l'auteur de nous avoir autorisés à reproduire cet article, qui est un fort stimulant pour introduire le bulletin de salaire complet dans un maximum d'entreprises. Nous
sommes tout à fait d'accord avec l'auteur : "Le salaire complet : une arme capitale dans le combat pour la liberté"
Axel ARNOUX
Le salaire complet
Le salaire complet repose sur les principes, méthodes et valeurs suivants :
1) C'est l'addition du
salaire net actuel effectivement payé et des parts salariales et patronales, ce qui donne, au total, une somme presque deux fois plus élevée que celle que chacun reçoit.
2) C'est la
reconnaissance juridique des droits de propriété des salariés sur la valeur complète de leur travail.
3) C'est la
présentation d’un bulletin de paie avec tous les prélèvements sociaux fusionnés selon les catégories (retraite, maladie, chômage, allocation familiale, logement, transport, nourriture…), soit
quinze lignes contre plus d'une centaine sur le bulletin de paie conventionnel. Cette présentation permet de connaître les impôts « sociaux » et autorise une corrélation avec les
diverses prestations/redistributions actuellement réalisées par les monopoles. Cela revient à restaurer en partie le système de prix et donc à réduire nos ignorances.
4) C'est la
présentation d'un calcul actuariel sur les retraites (comparaison entre système par répartition collective et système par épargne individuelle tant au niveau des capitaux accumulés en x années de
carrière que de leur rendement réel, ainsi que les pensions futures.
5) C'est la tentative de
mise en concurrence ouverte de tous ces monopoles avec comparaison des prix et qualités sur un marché mondial et sous réserve de fiscalité et de réglementations. Ce qui revient à une restauration
des droits fondamentaux des consommateurs (Accès aux informations et libre choix de ses assureurs).
6) C'est la ferme
volonté de favoriser la souveraineté des individus et leur naturelle autonomie en matière de revenus et d'échange libre. Grâce au salaire complet, tous les salariés comme les
entrepreneurs peuvent reprendre le contrôle de toutes ces caisses et analyser leur efficacité tant pour eux-mêmes que pour leur famille et leurs proches.
7) C'est la volonté de
dépolitiser et désyndicaliser un pays embourbé dans ses corporatismes égoïstes et corrompus à l'origine des difficultés industrielles que nous connaissons par « overdose » de
prélèvements et de réglementations (les « fameuses » régulations économiques).
8) C'est la séparation
logique de ce qui est du ressort de l'économie et de ce qui est du ressort de la solidarité/générosité (fondations privées et système fiscal public si besoin).
9) C’est l’exigence minimum
que toutes les caisses de ces filières présentent une comptabilité en « droit constaté » avec un audit annuel par un CAC indépendant comme toutes les entreprises du secteur privé
(déclarations fiscales et publication officielles incluses) !
10) C’est encore, pour l’ensemble des filières médicales , hospitalières , et
pharmaceutiques , leur sortie définitive de la bureaucratisation et soumissions à tous les systèmes collectifs par la restauration
des libertés d’entreprendre et le rétablissement des libres prix en leurs domaines . Cette sortie
est rendue possible par l’ouverture à la concurrence.
Avec les points qui précèdent, le salaire complet fait disparaître les notions bureaucratiques et politiques de "charges
salariales et patronales " et fait apparaître ces prélèvements comme étant un premier impôt sur les revenus prélevés à la source et toujours payé à l'origine par les clients (dont vous et moi).
Ce concept n'a rien à voir avec la notion politique et paritariste de "bulletin de paie supposé vérité" et qui sur le fond continue à entretenir cette notion marxiste de la
lutte des classe dont le seul résultat aura été de protéger et entretenir les pouvoirs du « tout collectif » !
Le bulletin de salaire « complet »
Tous les vrais revenus du travail et tous les prélèvements dits "sociaux" sont complètement inclus dans ce bulletin et très
logiquement présentés. Tout redevient alors compréhensible.
Supposons un jeune couple parisien où chacun gagne 2.000 € bruts par mois. Les chiffres ci-après ne prennent pas en compte
l'impôt sur le revenu, ni la TVA, ni les éco-taxes (si jamais tous les revenus étaient consommés). En revanche, ils prennent en compte la CSG, la CRDS et fusionnent bien sur les parts salariales,
les parts patronales et connexes prélevées à la source.
Les chiffres ci-dessous ont été arrondis pour faciliter la lecture. Dans notre exemple, le salaire net payé sera proche de
1.600 € par mois et par personne, tandis que le salaire complet sera proche de 3.200 €, soit 6.400 € à deux (à peu près 42.000 francs par mois) avec les charges sociales
et les autres prélèvements obligatoires actuels. Nous dressons le bulletin de salaire complet :
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SALAIRE COMPLET (en €)
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Mensuel
|
Annuel
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Annuel
(couple)
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3.200
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38.400
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76.800
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SECURITE SOCIALE
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assurance retraite (voir ci-après)
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610
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7.320
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14.640
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assurance risque maladie
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490
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5.880
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11.760
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assurance risque accident travail
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26
|
312
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624
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impôt allocation familiale
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110
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1.320
|
2.640
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HORS SECURITE SOCIALE
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assurance pertes revenus (chômage)
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150
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1.800
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3.600
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impôt formation
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40
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480
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960
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impôt logement
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20
|
240
|
480
|
|
impôt transport
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80
|
960
|
1.920
|
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médecine (une visite par an, en camion)
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6
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72
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144
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chèque déjeuner
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35
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420
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840
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TOTAL des charges et impôts
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1.567
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18.804
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37.608
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Net payé avant impôt sur le revenu
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1.633
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19.596
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39.192
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(Calcul effectué à partir d'un salaire brut de 2.000 € par mois et arrondi).
On notera le coût exorbitant de l'assurance maladie (€ 11.760 par pour un couple) comparativement à des fournisseurs
concurrentiels (3 à 4.000 € par an pour une famille de 4 à 5 personnes). Pour un couple de cadres gagnant le double ou le triple, l’assurance maladie coûtera deux ou trois fois plus cher.
Ce premier exemple fait comprendre que le système français de prix et de contrat est faussé. Nous
pouvons d’ailleurs remarquer que la médecine du travail (monopole par département ) facture en moyenne € 72 la consultation en camion contre € 22 chez un médecin généraliste dans son
bureau . Mais il est vrai que ces € 22 sont tout aussi faux en termes économiques que les € 72 : ce sont des prix administratifs qui sont la conséquence des monopoles ou
des réglementations.
Les filières dites « sociales »
Rappelons que ces filières dites « sociales » produisent des services et de ce fait sont comparables aux
productions d’assurance, de pain ou de véhicules… C’est, en sciences économiques, le principe de l’équivalence des « objets ». On n'oserait imaginer un prix de la baguette de pain ou de
la voiture proportionnel aux salaires ! Et pourtant, telle est cette réalité pour les filières dites « d’assurances sociales », qui sont de plus
obligatoires ! C’est un peu comme si le système considérait que se nourrir et se déplacer sont moins importants que s'assurer contre les aléas de la vie. Par ailleurs : quid des désirs
des personnes quant à l'allocation de leurs propres ressources selon leur choix ? Je vous laisse juge !
Et une fois encore, tout cela n'empêche pas de porter secours à celui ou celle qui serait sans travail ou handicapé. Avec
ce projet, il s'agit de bien faire les comptes, et de respecter les contribuables.
La première obligation qui nous est due est de nous révéler le montant exact de nos impôts. Le salaire complet le fait
apparaître ! Bien sûr, le libéral que je suis considère que la liberté, la propriété et la responsabilité individuelle favorisent spontanément la multiplication des richesses, leur libre
exercice, leur redistribution spontanée via les évolutions positives des carrières et des rémunérations, et donc la réduction de la pauvreté. Et si jamais votre patron n'est
pas correct avec vous, alors changez-en comme vous changeriez de chemise (et cela lui servira de leçon). Encore faut-il qu’il y ait assez d’entreprises donc d’entrepreneurs, pour qu’on puisse en
changer facilement ! Ce qui n’est pas le cas en France.
Le calcul actuariel des retraites
Revenons à ce couple. On supposera que tous les deux travailleront 41 ans soit 492 mois de cotisations.
Chacunplacera, dans le cadre du salaire complet, € 610 par mois sur un compte d'épargne privée, rémunéré à 3% avec un taux composé mensuellement, et
dédié à leur future retraite. Ce taux de 3 % est faible par rapport à la moyenne de 4,5% constatée sur les 25 dernières années. On supposera qu'ils prendront leur retraite à l'âge de 62 ans, pour
une durée de 25 ans. Ainsi, chacun d'entre eux se retrouvera avec un capital de plus de € 550.000 soit € 1.100.000 à eux deux (hors incidence de la fiscalité).
Aux mêmes conditions financières que précédemment, ils souhaiteront recevoir une rente, au terme de leur plan d’épargne
retraite. Selon nos hypothèses, cette rente durerait 25 ans et chacun recevrait net plus de € 2.500 par mois (hors incidence de la fiscalité). Il convient ici de déduire une
assurance maladie, régime de base et régime complémentaire, sauf spécificités contractuelles et assurancielles des fournisseurs concurrentiels en la matière. Il leur resterait, dans tous les cas,
net plus de € 2.000 par mois et par personne.
Il convient aussi de signaler qu'en cas de malheureuse disparition avant cette moyenne d'âge, le capital épargné sera alors
transmis à qui de droit selon le choix des intéressés, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui en France. En effet, actuellement, aucun capital n’est épargné dans le cadre de notre
système communisé (les cotisations de l'année "permettent" le paiement des retraites de cette même année).
Un dernier point : sur la base d’un salaire net payé de € 1633 par mois aujourd’hui, la retraite mensuelle future de
la répartition collectiviste devrait se situer, dans les années 2050, en valeur actuelle, entre 850 à 1.100 € (sans changement de la fiscalité ni effondrement du système de
retraite).
On notera que c’est la génération suivante (piégée par le système) qui devra payer ces retraites si cela lui est encore
possible ! Mais vraisemblablement, elle préférera passer au principe de l’épargne et aux techniques de capitalisation. Et cela permettra une augmentation des capitaux et
une croissance économique plus rapide.